Construire à l'épreuve du futur: La récolte active de l'énergie disponible

Modifié par Gretel Kerkhofs le 4/06/2012

La première étape vers une construction à l’épreuve du futur consiste à récolter passivement l’énergie disponible. Dans ce volet, l’architecte Flip Blockx développe le sujet de la récolte passive de l’énergie. Si vous avez des projets de construction, il ne faut pas nécessairement prévoir un budget pour des panneaux solaires ou tout autre installation d’énergie verte. L’important est de construire votre habitation de telle sorte que vous puissiez la transformer plus tard en bâtisse peu énergivore.
Batiment
© Raymond Hellinx
Ventilair
© Ventilair

Il est dès lors bien plus important de veiller à ce que l’habitation ne requiert que peu d’énergie plutôt que de prévoir, dans un deuxième temps, la pose de panneaux photovoltaïques. Il est toutefois conseillé de tenir compte, lors des toutes premières phases, de la manière dont vous allez pouvoir récolter activement plus tard, l’énergie dans l’environnement. Car si vous ne le faites pas maintenant, il sera quasi impossible, voir trop onéreux, de construire une maison qui produit plus d’énergie que ce qu’elle consomme. Remettre votre maison à jour dans le futur, sera impayable. Il y a toute une série de sources d’énergie disponibles autour de la maison qui n’attendent que vous.

Le soleil

La source d’énergie la plus puissante que nous ayons sous la main, c’est le soleil. En principe, on a assez d’énergie par m² pour satisfaire à tous nos besoins. Hélas, les systèmes les plus connus (panneaux photovoltaïques ou thermiques) ne sont pas très efficaces et sans subsides, ils ne sont pas rentables. Nous pouvons cependant nous attendre à pouvoir exploiter l’énergie solaire de manière efficace et rentable et à ce moment-là, tout le monde voudra de ces installations. Si on n’y songe pas au moment de concevoir son projet de construction, on court le risque de ne plus pouvoir mettre en œuvre ces installations ou qu’elles jurent avec l’architecture de la maison. Ci-dessous, de toute évidence, ils n’y avaient pas du tout pensé avant.

Il faut donc veiller dès maintenant à ce que les toitures et les auvents soient orientés d’Est en Ouest côté Sud, que la maison soit implantée de telle manière à ce que les toits ne se trouvent pas à l’ombre. Les arbres ont aussi tendance à pousser ( ? ). Veillez à pouvoir installer par la suite des conduites et des câbles entre la toiture et le local technique. Quand aux applications thermiques (chauffe-eau solaire) il vaut mieux prévoir le grand format (jusqu’à 1000 litres).

 

Straling

La terre

La terre renferme une quantité infinie d’énergie. Il est avisé de tenir compte du fait qu’il faudra pratiquer un forage vertical dans le sol pour y installer deux conduites. Pour effectuer ce forage, les hommes de métier utilisent de grosses machines et prévoient un raccordement entre la conduite dans le sol et le local technique abritant la chaufferie. Il faut donc prévoir une fosse, un vide sanitaire ou une cave technique…

Un réseau horizontal de conduites à un mètre de profondeur par exemple, permet déjà d’exploiter l’énergie.

L’air ventilé peut être aspiré par une grosse buse installée dans le sol, afin de chauffer l’air en hiver et le refroidir en été. Ce genre de buse mesure déjà quelque 40 mètres de long et se pose en oblique. Il faut disposer de beaucoup d’espace et encore une fois, cette conduite doit aboutir au local technique où se trouve le groupe de ventilation. Dans notre climat, un échangeur de chaleur géothermique n’est pas très efficace et est sensible aux salissures. Ci-dessous, la photo d’un échangeur géothermique vertical qui prend beaucoup moins de place.

L’air

On peut exploiter le vent comme source d’énergie. Avec une éolienne, mais malheureusement, elles ne fonctionnent pas bien dans un environnement bâti. En 2008-2009 on a vu surgir toute une forêt de petites éoliennes sur la côte zélandaise aux Pays-Bas, à titre d’essai, mais les résultats sont assez décevants. Contrairement à leurs grands frères. Pour fournir de bonnes prestations, une éolienne doit donc être de grandes dimensions et pour un particulier, l’investissement est trop lourd. Il faut cependant se dire que la technique est en constante évolution et nous verrons sans doute bientôt l’introduction de windbelts (une courroie couverte d’aimants qui vibrent dans le vent et génèrent ainsi de l’électricité, voir photo Humdinger) que pourront utiliser les particuliers.

La rue

On verra sans doute un jour dans la rue, des équipements énergétiques que l’on ne rencontre pas encore aujourd’hui.

L’asphalte peut être équipé pour capter l’énergie. On peut installer des circuits souterrains, dans la rue, il y a le chauffage urbain, la chaleur résiduelle d’un incinérateur,…

Il est utile de déjà prévoir une gaine d’attente pour pouvoir y introduire des conduites entre la rue et la maison – le local technique.

L’eau

L’eau n’est pas une énergie à proprement parler mais peut engendrer de sérieuses économies pour le budget ménage. Du moins si vous stockez l’eau de pluie et l’utilisez ensuite. Un m² de toiture peut vous économiser 2 euro par an en eau potable. Il faut alors prévoir suffisamment de place pour la citerne d’eau de pluie et le puits de filtrage, ainsi que les conduites entre la citerne et le local technique. Il faut aussi savoir que la pompe risque de faire du bruit ; il faudra donc en ternir compte (isolation acoustique).


Auteur: Flip Blockx, Holistic Architecture 50 | 05 – avril 2011

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