Construire pour le futur, c'est construire compact

Modifié par Gretel Kerkhofs le 4/06/2012

La troisième étape vers la construction à l’épreuve du futur, c’est concevoir une habitation compacte. Selon l’architecte Flip Blockx, c’est une étape qu’il faut franchir avant même de songer à l’isolation. D’ailleurs, l’impact de cette compacité sur la consommation d’énergie est énorme.
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© Machiels Building Solutions

La compacité d’un bâtiment, c’est le rapport entre le volume protégé (V) et la superficie de déperdition (A) de l’habitation. Le volume protégé, c’est tout ce qui se situe à l’intérieur de la partie isolée. Les superficies de déperdition sont les murs, les fenêtres, les toitures et les sols qui côtoient l’environnement extérieur, les sols extérieurs ou les espaces attenants non chauffés. Le mur mitoyen entre 2 habitations n’est pas une superficie de déperdition si on chauffe des deux côtés, bien entendu.

Economie

La construction compacte garantit non seulement une plus faible consommation d’énergie mais constitue l’une des méthodes les plus efficaces pour limiter le budget de la construction. Il va de soi que si l’on requiert moins de murs extérieurs pour avoir plus de superficie au sol, le prix coûtant diminuera.
 

le graphique

Dans l’exemple ci-dessus, on constate que le bâtiment présente C 33% de superficie de déperdition en plus que le bâtiment A. Et ce, à volume égal et superficie égale. Les façades du bâtiment C coûteront des lors 33% de plus. Pour faire en sorte que dans le bâtiment C la déperdition de chaleur soit égale à celle du bâtiment A, il faudra isoler le bâtiment C avec un matériau plus épais. Dans le graphique ci-dessous de l’IBGE – Bruxelles Environnement (www.ibgebim.be) – on peut voir l’effet de la compacité, à même épaisseur d’isolation, sur la valeur K.

le graphique

Comment construire compact

La compacité d’un bâtiment est déterminée par 3 choses:

  • La forme de la bâtisse. Il faut privilégier la simplicité pour le volume protégé. La forme la plus compacte est une sphère, mais ce n’est pas une solution si le budget est limité. Faut-il alors que chaque bâtiment ait la forme d’un cube? Non, il faut laisser libre cours à sa créativité en jouant avec les volumes et en prévoyant un espace non chauffé comme par exemple le garage ou un débarras.
  • Plus le bâtiment est grand, plus il sera compact.
  • Plus il y a de superficies de contact avec d’autres bâtiments chauffés, plus la compacité du bâtiment sera grande. Une maison quatre façades est nettement moins compacte qu’une maison de rangée.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

J’ai procédé à quelques analyses pour MBS (www.machielsbuildingsolutions.be) à l’aide du logiciel PEB afin de voir les effets de toute une série d’interventions sur une habitation témoin. Il s’agit d’une petite maison conçue comme maison de rangée ou maison trois façades, commanditée par la Société flamande des Logements sociaux (Vlaamse Maatschappij voor Sociale Woningbouw). Lors de l’une des simulations, j’ai recherché l’effet des raccords – la manière dont les maisons sont raccordées les unes aux autres – sur la valeur K et la valeur E ainsi que sur la consommation d’énergie primaire. La superficie en termes de vitres est restée la même dans tous les cas simulés.

La maison de rangée affiche des valeurs K21-E49 pour une compacité de 2,37m. Quant à la maison trois façades, on a K23-E48 pour une compacité de 1,61m. La variante quatre façades afficherait des valeurs K26-E49 pour une compacité de 1,21m. A première vue, on ne constate aucune différence qui vaille la peine d’être citée. Le programme PEB effectue en fait des comparaisons avec un autre bâtiment de référence, ce qui donne une énorme différence de consommation à valeurs E égales.

La maison de rangée consomme 62 kWhp/m² par an et la maison quatre façades, 78 kWhp/m² par an. Soit une différence de près de 25%. Non seulement, la maison de rangée consomme moins mais elle s’avère aussi moins coûteuse. La compacité, tout est là!

 

Auteur: Flip Blockx, architecte – Holistic Architecture 50 | 5 - juin 2011