Construire à l'épreuve du futur: Construire pour l'avenir, c'est isoler!

Modifié par Gretel Kerkhofs le 4/06/2012

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Isofinish
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La quatrième étape vers la construction à l’épreuve du futur, c’est une maison parfaitement isolée. Selon l’architecte Flip Blockx, cette étape est tout aussi indispensable que les autres pour construire à l’épreuve du futur. L’impact sur la consommation énergétique et, plus important encore, sur la valeur future de votre habitation, est énorme.


Aujourd’hui, tout le monde devrait savoir que l’isolation est l’économie d’énergie la plus rentable. Mais on ignore généralement qu’une isolation imparfaite risque de dévaloriser l’habitation. En 2021, toutes les nouvelles constructions seront obligatoirement des bâtiments presque neutres en énergie. Il s’agit de bâtiments qui ne produisent que l’énergie indispensable. Cela semble irréalisable pour beaucoup, et pourtant : dans moins de 10 ans, ce sera obligatoire. Si vous suivez les étapes pour une construction à l’épreuve du futur, c’est parfaitement réalisable.

L’une des astuces pour construire un bâtiment presque neutre en énergie est de veiller à ce que vos besoins en énergie soient réduits à leur plus simple expression. Le gros consommateur dans les maisons actuelles (et plus anciennes), c’est le chauffage. Veillez donc à avoir besoin de peu, voire, d’aucun, chauffage. L’isolation en est l’ingrédient principal. C’est aussi une partie de l’habitation qui est très difficile à améliorer par après. L’isolation que l’on pose maintenant y sera sans doute encore dans 50 ans. Tandis que d’ici 10 ans, toutes les constructions neuves presque neutres en énergie présenteront une isolation des plus imposantes. Pour que votre habitation reste en lice et que l’on puisse la remettre à niveau, il faut absolument isoler votre (nouvelle) habitation comme une maison presque neutre en énergie. Il est très difficile de poser de l’isolation dans les murs creux après coup.

Combien d’isolation?

La seule définition qui existe à l’heure actuelle pour les bâtiments presque neutres en énergie stipule tout d’abord que le bâtiment doit être une maison passive. Comme directive, envisagez donc l’isolation de telle manière à transformer votre projet en maison passive. Les épaisseurs exactes dépendent notamment des étapes 1 et 3 mais la valeur U sera généralement inférieure à 0.15 W/m²K. Ce qui veut dire, qu’il faut poser une épaisseur minimum de 25 cm de laine minérale ou 16 cm de PUR dans les sols, les murs et les toitures. Quand on isole entre les chevrons en bois, on court le risque de déclencher des ponts thermiques, de telle sorte qu’il faut absolument poser au moins 30 cm de laine minérale. Il s’agit ici de valeurs minimales. Votre architecte a intérêt à soumettre la bâtisse à une série de calculs grâce au logiciel PHPP ou PEB. En Allemagne et en Autriche, où les maisons passives sont déjà bien ancrées dans habitudes, les bâtisseurs posent l’équivalent de 40 cm de laine minérale. On n’isole jamais trop. Si le budget le permet, ajoutez-en de l’isolation !

Mais tout ça coûte cher !

Hélas oui, l’isolation n’est pas gratuite et ajouter toute cette isolation coûte quelques milliers d’euro en plus. Nous nous basons sur un scénario impliquant un surplus de 8 000 euro pour l’isolation. Ce qui signifierait qu’il faudrait rembourser environ 600 euro par an en plus pour votre prêt. En compensation, vous allez économiser 7500 kWh par an en gaz, un chiffre réaliste et donc parfaitement réalisable. Conclusion : en fait, votre isolation supplémentaire ne vous coûte pas plus cher. Vous ne subissez plus l’impact de la hausse des prix de l’énergie et la valeur de votre habitation augmente. Ne pas le faire, serait donc insensé !

Les risques?

Le fait de poser de l’isolation ne signifie par pour autant qu’elle soit efficace. En effet, il faut la poser correctement. Les raccords entre les matériaux isolants doivent être impeccables, ainsi qu’entre l’isolant et la construction. La photo ci-dessous illustre ce qu’il ne faut pas faire ! L’isolant n’arrive pas jusqu’au bâti, ce qui génère des courants d’air entre la brique de construction rapide et les plaques d’isolation. L’isolation du mur creux n’est pas non plus raccordée à l’isolation de la toiture, créant ainsi un pont thermique. Il y a une ouverture dans le haut de l’isolation du mur creux où l’air circulant devant la plaque d’isolation va se mélanger à l’air circulant derrière celle-ci. On risque donc que la valeur d’isolation du creux chute d’un facteur 4.
 

Marchetta

Informez-vous auprès de votre architecte quant aux risques de condensation au niveau de l’isolation. Non seulement l’isolation sera moins efficace à cause de cette condensation, mais il y a aussi le risque de dégâts. Votre architecte pourra vous dire quel type d’isolant il faut utiliser et comment il faut le poser, et quels écrans vapeur ou pare-vapeurs vous devez mettre en œuvre ou non.

Les ponts thermiques

Un dernier point auquel il faut faire attention en isolation, c’est l’effet des ponts thermiques. Le secteur de la construction est suffisamment informé en la matière, de telle sorte que l’on constate peu de cas de dégâts dus aux ponts thermiques. La nouveauté, c’est que l’impact des déperditions de chaleur dus aux ponts thermiques dans le cas d’isolants épais, est énorme. Ci-dessous, vous pouvez voir une comparaison effectuée par l’IBGE portant sur la même paroi : dans le premier cas, elle est isolée et dépourvue de structure métallique (à plafonner par exemple), ensuite, elle est dotée d’une structure métallique à barrière thermique (pour un habillage de façade par exemple) et enfin, elle présente une structure métallique ordinaire.

La perte de chaleur dans la troisième variante dépasse de 50% la variante 1.


Auteur: Architect Flip Blockx - août 2011 – Holistic Architecture 50 | 5

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